Bataille d'Alger : 30 ans de censure

Publié le par MRAP Dunkerque

50 ans des accords d'Evian

   

 
Nominé trois fois aux Oscars en 1967 et 1969, Lion d'or de Venise en 1966, le film La Bataille d'Alger a longtemps été absent des salles en France. L'oeuvre réalisée par Gillo Pontecorvo a été interdite en 1966, a connu une courte sortie en 1971 pour être censurée jusqu'en 2004.
Réalisé trois ans après ce que l'on appelait à l'époque « les événements d'Algérie » sur les lieux mêmes du conflit, le film italo-algérien, tourné avec des acteurs non professionnels,  se déroule de 1954 à 1957 pendant les combats qui ont opposé l'armée française aux indépendantistes du FLN.

Privé de diffusion en 1966, le film se retrouve à l'affiche en 1970. Mai 68 est passé par là, la France semble prête à briser l'omerta sur la guerre d'Algérie. Mais, à la veille de sa sortie, les directeurs de salles le retirent sous la pression des associations de rapatriés et des organisations d'anciens combattants.

Fin août 1970, une salle du Quartier latin programme La Bataille d'Alger pour une unique projection. En 1971, un cinéma de Saint-Germain propose une diffusion régu­lière, mais, à chaque séance, les partisans de l'Algérie française brisent les vitrines et des mi­litants extrémistes s'affrontent. La violence est telle que le directeur de la salle renonce.

En 2003, sous l'Administration Bush, l'oeuvre de Gillo Pontecorvo est projetée au Pentagone pour illustrer la torture en temps de guerre. Elle déclenche une polémique et sort aux États-Unis. Un triomphe. Dans l'Hexagone, il faut attendre l'automne 2004 pour que cette reconstitution de la guerre entre le FLN et l'armée française soit diffusée, d'abord à Cannes puis dans toutes les salles.

 


 

Publié dans Général

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LOUANCHI 14/09/2012 21:49


Harkis les camps de la honte : lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news


En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de
Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du
village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions
hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un
seul aujourd'hui se décide à parler.


35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser
le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de
ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi
joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012 sur
radio-alpes.net