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Mercredi 4 novembre 2009

Relance du CV anonyme, outil de lutte contre la discrimination à l’embauche

LE MONDE    03.11.09

 

     

    Le CV anonyme va-t-il enfin prendre son envol ? Le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances,Yazid Sabeg, accompagné du ministre du travail, Xavier Darcos, du ministre de l'immigration, Eric Besson, et du secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez, devait donner, mardi 3 novembre, le coup d'envoi de son expérimentation, voulue par le président de la République.

Depuis 2006, l'outil est inscrit dans la loi sur l'égalité des chances, qui l'a rendu obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Mais le décret permettant son application n'a jamais été publié. L'accord national interprofessionnel signé par les partenaires sociaux le 11 octobre 2006 prévoyait que le CV anonyme soit essayé dans les entreprises volontaires et fasse l'objet d'un bilan, au plus tard au 31 décembre 2007. Mais là encore, cette évaluation n'a jamais été faite. Et pour l'heure les entreprises qui l'ont mis en place ne sont pas légion. Ce sont essentiellement de grandes sociétés, comme L'Oréal, Accor, Axa, La Snecma ou PSA-Peugeot Citroën.

L'idée du CV anonyme a été lancée par Claude Bébéar, alors président du conseil de surveillance de l'assureur Axa et fondateur de l'Institut Montaigne, dans un rapport de 2004 intitulé "Des entreprises aux couleurs de la France". Pour favoriser la diversité des recrutements et lutter contre la discrimination à l'embauche, M. Bébéar suggérait le traitement anonyme des curriculum vitae. Des CV épurés du nom, de l'âge et de l'adresse des candidats, et ne faisant mention que de leur formation et de leur parcours professionnel, afin de leur permettre de franchir la barrière du premier entretien.

Malgré son inscription obligatoire par la loi pour les entreprises de plus de 50 salariés, le CV anonyme est resté lettre morte. Le patronat s'est toujours montré hostile à cette mesure dans un cadre contraignant. Pour nombre d'entrepreneurs, il reste un gadget.

Soucieux d'avancer sur le terrain de la diversité, qu'il dispute de longue date à la gauche, Nicolas Sarkozy a voulu relancer cette mesure. Dans un discours prononcé le 17 décembre 2008 à l'Ecole polytechnique, il a souhaité que "le CV anonyme devienne un réflexe pour tous les employeurs", et soit expérimenté, sur la base du volontariat, dans 100 entreprises.

Préparée par l'équipe de Yazid Sabeg, cette expérimentation se déroulera, outre à Paris, dans six départements: la Seine-Saint-Denis, le Nord, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, le Bas-Rhin, la Loire-Atlantique. Elle sera ouverte à toute entreprise volontaire, quelle que soit sa taille, société du CAC 40 comme PME.

Pour lever les réticences des employeurs, des pôles techniques seront mis à la disposition des entreprises pour les aider dans la mise en place et la gestion de l'outil. Animés par les antennes de Pôle emploi, les agences d'intérim Adecco, Adia et Manpower, ou encore l'un des douze cabinets de recrutement adhérents de l'association "A compétences égales", ces pôles techniques se chargeront d'anonymiser, au moyen de logiciels appropriés, les CV reçus par les entreprises.

Près d'une cinquantaine de sociétés se sont déjà engagées à participer à l'expérimentation. Celle-ci s'appliquera aux offres d'emploi de toutes qualifications, pour des CDD, des CDI ou de l'intérim, exception faite des contrats en alternance. Il sera toujours laissé aux candidats le choix de soumettre leur CV de façon anonyme ou non.

"Adopter cet outil ne consiste pas à anonymiser toutes les candidatures. Il est important de laisser tous les canaux d'offres d'emplois. Il y a des personnes faisant partie des minorités visibles qui ne veulent pas être anonymisées", relève Eric Lemaire, porte-parole d'Axa. Dès 2005, la société d'assurances a mis en ligne un formulaire de candidature anonyme pour ses emplois de commerciaux. Elle réalise aujourd'hui, par ce biais, plus de 20% de ses recrutements dans cette qualification. Très satisfaite de cette première expérience, l'entreprise va étendre le processus aux emplois administratifs.

Pour Axa comme pour toutes les autres entreprises l'ayant adopté, le dispositif doit nécessairement être complété par d'autres actions. "Il faut faire de la pédagogie, expliquer la démarche, former les managers, insiste M.Lemaire. Dans un contexte mondialisé, si l'on veut être efficace, il faut ressembler à la société qui nous entoure." Le CV anonyme n'est pas une fin en soi, mais, appuie le commissaire à la diversité, Yazid Sabeg, "c'est une mesure utile pour casser le mur du premier entretien en permettant de neutraliser les préjugés. Et pour une entreprise, c'est symboliquement fort".

Laetitia Van Eeckhout

 

Article paru dans l'édition du 04.11.09
Par MRAP Dunkerque - Publié dans : National
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Samedi 17 octobre 2009

Une plainte dénonçant des propos racistes déposée contre l'état civil de Petite-Synthe

vendredi 16.10.2009, 05:02 - La Voix du Nord

 

Nouredine Si Abdallah a porté plainte pour discrimination raciale après un passage douloureux à l'état civil de Petite-Synthe.

|  DISCRIMINATION |

« On n'est pas en Algérie ici, ce n'est pas le père qui a le droit sur les enfants. Vous vous rendez compte, monsieur, si un papa enlève son enfant pour partir en Algérie ...

 

 ». Nouredine Si Abdallah dit avoir été reçu de cette manière lorsqu'il s'est rendu à l'état civil de Petite-Synthe, le 7 septembre.

Il était venu se renseigner sur une demande de délivrance de la carte d'identité de sa fille âgée de 16 mois, formulée par son ex-compagne, sans en avoir été informé. Le couple est séparé et le juge des affaires familiales a attribué une autorité parentale conjointe.

Pour prouver sa bonne foi, Nouredine Si Abdallah revient le lendemain avec le jugement du tribunal de grande instance. Il prétend qu'on lui a rétorqué : « Ce n'est pas une décision de justice, ça. Vous n'avez aucun droit sur votre fille », précisant que son dossier était marqué en rouge et qu'il ne fallait pas lui donner les papiers, même s'il le demandait.

Il a porté plainte auprès du procureur de Dunkerque le 2 octobre pour discrimination raciale. « Ce n'est pas acceptable d'entendre des propos pareils de la part d'un service public. Parce que je m'appelle Si Abdallah, je serais un kidnappeur d'enfant et je n'aurais pas le droit de m'informer sur les papiers d'identité de ma fille sur laquelle j'ai une autorité parentale partagée ? », s'énerve Nouredine qui précise : « Je suis Français, né à Denain, parfaitement inséré dans la société. Je travaille comme ingénieur à Dunkeque. Mais il faut croire que lorsqu'on s'appelle Si Abdallah, vous êtes coupable de délit de sale gueule », poursuit le Dunkerquois. Il a aussi envoyé une lettre à Michel Delebarre, le maire de Dunkerque.

« On m'a présentédes excuses »

Une enquête a été diligentée en interne sur les faits dénoncés. Danièle Beele, responsable du service de l'état civil de la mairie de Dunkerque, a reçu le plaignant mercredi soir, avec la chef du service à la mairie annexe de Petite-Synthe. « Cette entrevue s'est très bien déroulée. On m'a présenté des excuses à maintes reprises. Bien sûr, la mairie a cherché à dégonfler le conflit m'affirmant que des sanctions seraient prises. Mais le mal est fait et je ne retirerai pas ma plainte auprès du procureur », explique le père de famille.

Contactée, Danièle Beele dit avoir « explicitement » reconnu en face du plaignant qu'il y avait eu un dérapage. « Nous avons dit à M. Si Abdallah que nous déplorions cette attitude. Une procédure en interne est en cours et elle va suivre la voie hiérarchique normale à travers une enquête et un rapport », conclut Danièle Bele. •

 

ALEXIS CONSTANT

Par MRAP Dunkerque - Publié dans : Local
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Mercredi 1 juillet 2009



 

                       Dunkerque  le 28 Juin 2009

 

 

COMMUNIQUE  DE  PRESSE

  DU  MRAP  DE DUNKERQUE

 

Le  MRAP de Dunkerque dénonce avec force les exactions commises à l’encontre des voitures de fidèles musulmans  stationnées sur le parking de la mosquée Essalam de Grande-Synthe, alors qu’ils étaient en prière.

Ce sont 3 voitures qui ont brulées dont 2 entièrement dans la nuit du samedi 27 juin vers 23H30.

Tout  doit être mis en œuvre pour que les responsables de cet acte soient identifiés et arrêtés, d’autant que les mosquées du dunkerquois ont déjà été les cibles de graffitis racistes et de tentatives d’incendie.

Le  MRAP de Dunkerque estime que si la piste islamophobe devait etre confirmée, cet acte grave ne pourrait être disjoint du climat délétère engendré par le projet de débat parlementaire sur la burqua.

 

 

                                           Dunkerque le 28/06/2009

 



ISLAMOPHOBIE DUNKERQUE GRANDE SYNTHE
          photo :   MRAP DK   AISSA ZAIBET

Par MRAP Dunkerque - Publié dans : Local
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Mercredi 4 mars 2009
  

Un professeur condamné pour insultes racistes envers un élève.

04.10.2008 - La Voix du Nord

 

|  TRIBUNAL DE DUNKERQUE |


Pour avoir proféré des insultes racistes à un jeune élève, un professeur d'histoire du collège Robespierre de Saint-Pol-sur-Mer (près de Dunkerque) a été condamné hier par le tribunal correctionnel de Dunkerque à 400 euros d'amende.

Les faits remontent à décembre 2007, un jour de classe ordinaire. À ceci près qu'avec ce professeur, le quotidien n'est plus ordinaire depuis quelque temps.


La principale du collège Robespierre, interrogée lors de l'enquête - ainsi que des collègues et des élèves -, parle «  de difficultés » avec lui, selon la présidente du tribunal de Dunkerque. «  Il est souvent familier, parfois vulgaire, et indélicat avec les filles et les jeunes de couleur », poursuit, lors de l'audience, la présidente.


L'une de ces difficultés a retenti un jour de décembre. Le prof est occupé à chercher quelque chose dans un livre sur La Mecque. Un ouvrage apporté en classe par Salim (1). L'enseignant, ne parvenant pas au bout de ses recherches, s'emporte et lance à haute voix : «  Alors ! Musulmans de m... ! » L'insulte ne vise en fait personne mais Salim la prend pour lui. À peine dix minutes plus tard, le prof récidive. Il montre une photo de vache dans un livre et assène à l'adolescent : «  Tu vois ça, c'est ta mère ! » La formule est plus que douteuse.


Entendue par la police, la classe entière, témoin des deux insultes, n'a pu qu'affirmer l'évidence.

Dépressif et hospitalisé, le professeur ne s'est pas présenté à l'audience. Il a été condamné à 400 euros d'amende et devra payer 300 euros de dommages et intérêts à la victime. •


ADRIEN LANOY


1. - Prénom d'emprunt.

Par MRAP Dunkerque - Publié dans : Local
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Vendredi 28 novembre 2008

Logement dans le dunkerquois : Ghettoisation

 

« Le patronyme condamne à vivre dans un quartier plutôt qu'un autre »

  Selon Égalité Républicaine, le patronyme joue clairement dans l'attribution des logements.


|  ENQUÊTE |


« Dis-moi comment tu t'appelles, je te dirai où tu logeras, ou plutôt, où tu ne logeras pas » : en substance, voilà le constat dressé par l'association Égalité Républicaine, qui vient de boucler une enquête sur les logiques de peuplement des familles présentant un « patronyme potentiellement discriminant » (sic) dans les HLM de Dunkerque. Conclusion ? Selon l'association, qui oeuvre pour la mixité sociale et culturelle dans les quartiers, « le patronyme joue clairement dans l'attribution des logements ».

 

Réalisée de novembre 2007 à mars 2008, l'enquête a été menée en partenariat avec la Plateforme de l'égalité (1) et a reçu l'agrément de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). « Elle a porté sur plus de 6 000 logements, répartis sur l'ensemble de la ville, explique Nordine Henni, président d'Égalité Républicaine et membre de la Plateforme de l'égalité. Notre étude a été menée sous la forme d'un recensement patronymique et visait à déterminer d'éventuelles pratiques discriminatoires dans la distribution du logement social à Dunkerque. Malgré nos sollicitations, les bailleurs sociaux n'ont, malheureusement, pas voulu y participer. » Quid de la méthode utilisée ? En fait, elle a consisté à relever à chaque entrée d'immeuble le nombre de logements habités par des familles présentant un « patronyme potentiellement discriminatoire » (expression imposée par la CNIL), c'est-à-dire à consonance arabe et/ou africaine. « L'enquête n'est pas exhaustive mais constitue une précieuse contribution au débat, poursuit Nordine Henni. Elle est une indication de la manière dont le peuplement est organisé à Dunkerque, notamment en ce qui concerne les familles que nous avons ciblées. »


Une fracture est-ouest


Au final, le travail réalisé aboutit à une photographie « fidèle et très précise de la réalité de l'occupation du logement social des personnes dont le nom constitue un frein à son accession », estime Nordine Henni.

Ainsi, si les ghettos à l'américaine n'existent pas à Dunkerque, l'enquête révèle que les logiques de peuplement des territoires restent très marquées. « La fracture spatiale qui sectionne la ville en deux selon un partage est-ouest est la résultante de pratiques anciennes, qui se poursuivent aujourd'hui et privilégient la concentration à la dispersion. Cela est vrai dans le domaine du logement ancien, mais aussi dans le neuf, où les taux d'occupation du parc social par les familles cibles sont maintenus à des niveaux extrêmement bas. » D'un point de vue géographique, l'enquête conclut que les familles ciblées sont maintenues dans des quartiers précis, situés à l'ouest et à la périphérie (Carré de la Vieille, Banc Vert), alors que les quartiers situés à l'est de la ville (Malo, Rosendaël) restent globalement hermétiques aux familles portant un « patronyme potentiellement discriminatoire ». Discrimination ethnique ou discrimination économique et sociale ? Se basant sur les informations recueillies lors de ses permanences, Égalité Républicaine, elle, souligne ce qui lui apparaît comme une évidence : « Il faut cesser de considérer les "familles cibles" comme irrémédiablement attachées à la précarité et reconnaître que la variable patronymique agit comme un critère dans l'attribution de logement. En clair, dire que le patronyme vous condamne à vivre dans un quartier plutôt qu'un autre est une réalité », assure Nordine Henni.


Face à ce constat, Égalité Républicaine émet une série de recommandations, qu'elle fera remonter aux élus locaux et aux bailleurs sociaux : « Il faut lever le verrou sur la partie est de la ville et augmenter le taux d'occupation de 2 %. Il faut encore desserrer l'étau dans le logement neuf et revoir à la hausse les plafonds qui semblent avoir été adoptés. » Et Nordine Henni de conclure : « Nous proposons aussi de mettre en oeuvre le principe d'anonymat des dossiers de demandes de logement et de rendre les procédures d'attribution transparentes, en clarifier par exemple les critères. » •


OL. D.


jeudi 02.10.2008, 04:57 - La Voix du Nord

Par MRAP Dunkerque - Publié dans : Local
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